LE  CAPITAINE  ARSENE  SEVIN

La vie d’Arsène SÉVIN
Capitaine
Décédé le 24 août 1917 à Glorieux (Verdun)
D’après les Archives de Vincennes

Merci à mon ami Jacques FOURÉ
qui a photographié l’ensemble du dossier militaire
du Capitaine d’Infanterie Breveté Arsène SÉVIN.

Document Jacques FOURE
Archives militaires de Vincennes 5 Y e 115

Arsène SÉVIN : sa jeunesse

Le jeune Sévin Arsène, Alphonse est né le 8 décembre 1880, à Crécy en Ponthieu, département de la Somme.
C’est le fils d’Ernest Onézime, gendarme à cheval à Crécy en Ponthieu et de WILBERT Armantine.

La famille Sévin est originaire de Terramesnil (Somme).
Son papa : Ernest Onésime Sévin y est né le 3 mai 1849.
Son grand-père : Jean-Baptiste Sévin, était tisserand à Terramesnil.
Sa grand-mère s’appelait Célina VILLERS.

Extrait de naissance d’Arsène

L’an 1880, le 8 décembre à 5 heures du soir, devant nous Casimir LECOMTE, Conseiller Municipal, remplissant les fonctions de maire et d’officier d’état civil de la commune de Crécy en Ponthieu, chef lieu de canton, département de la Somme, est comparu Ernest Onésime SEVIN, gendarme à cheval, âgé de 31 ans, demeurant à Crécy en Ponthieu , lequel nous a présenté un enfant du sexe masculin, né en sa demeure, aujourd’hui, heure de midi , heure légale de lui comparant et de Armantine WILBERT, ménagère, âgée de 33 ans , son épouse, demeurant ensemble à Crécy auquel il a déclaré vouloir donner les prénoms de Arsène Alphonse.
Les dites présentations et déclaration faites en présence de Victor BONNEL Brigadier de gendarmerie à cheval, âgé de 39 ans et Henry Louis Dominique ROUSSEAU gendarme à cheval, âgé de 46 ans demeurent tous deux à Crécy.
Ont le père et les témoins signé le présent acte avec nous après lecture.
Ont signé au registre : Sévin, Bonnel, Rousseau et Lecomte

Au moment de la retraite, les parents du jeune Arsène viennent habiter à La Chaussée-Tirancourt.

Ils sont inhumés à gauche de la chapelle.
Une épitaphe en anglais est inscrite sur leur pierre tombale :

« Come unto me and I will give you rest »
« Venez à moi et je vous donnerai le repos »

Le jeune Arsène fréquente le lycée d’Amiens* et y fait de brillantes études.

* Arsène SEVIN est inscrit sur le Monument Commémoratif du Lycée de Garçons d'Amiens, maintenant Cité Scolaire.

Le Conseil de révision

Arsène passe le Conseil de Révision à Picquigny et n’a qu’une idée en tête : servir la France !
Il a été compris sur la liste de recrutement de la classe 1900 de la subdivision d’Amiens N° 81, du tirage du canton de Picquigny, 4ème partie de la liste de recrutement cantonal N° 797 au registre matricule de recrutement.
Il a été admis à l’école spéciale militaire par décision ministérielle du 19 octobre 1900. Il a les cheveux châtains, les yeux bleus, un nez fort et le visage ovale, il mesure 1 mètre 72.

 

 

C’est à l’aide de cette toise que des centaines de jeunes ont été mesurés lors du Conseil de Révision. Elle a été utilisée jusqu’en 1967.

Acte d’engagement d’Arsène

L’an 1900, le 27 octobre, à 9 heures du matin s’est présenté devant nous RAMBURE Liébert , adjoint faisant fonction de Maire de la commune de Picquigny , chef lieu de canton, Département de la Somme, le sieur Sévin Arsène Alphonse, âgé de 19 ans, étudiant, domicilié à La Chaussée-Tirancourt, Canton de Picquigny, Département de la Somme, fils légitime de Sévin Ernest Onésime et de Wilbert Armantine , domiciliés au dit La Chaussée-Tirancourt, cheveux et sourcils châtains, front ordinaire, yeux bleus, nez fort, bouche moyenne, menton rond, visage ovale, taille d’un mètre 72 centimètres.
Lequel assisté du Sieur GRICOURT Marc, âgé de 50 ans, exerçant la profession de garde champêtre domicilié à Picquigny et du sieur DEVISME Armand, âgé de 31 ans, exerçant la profession de journalier domicilié à Picquigny, appelés l’un et l’autre comme témoins, conformément à la loi.
A déclaré vouloir servir comme engagé volontaire pour 3 ans pour l’école spéciale militaire de Saint-Cyr ; à cet effet, il a fait la déclaration suivante :
1) Qu’il n’est ni marié, ni veuf avec enfants
2) Qu’il n’est lié au service ni dans l’armée active, ni dans la réserve de la dite armée, ni dans l’armée territoriale ni comme inscrit maritime. Le dit sieur Sévin nous a présenté
- Un certificat délivré sous la date du 26 octobre 1900 pour le lieutenant colonel BERTAUX, Commandant le bureau de recrutement d’Amiens, et constatant que le dit sieur Sévin Arsène Alphonse n’est atteint d’aucune infirmité qu’il a la taille et les autres qualités requises ans pour l’école spéciale militaire de Saint-Cyr, dans laquelle il demande à entrer.
- Son acte de naissance constatant qu’il est né le 8/12/1880 à Crécy, canton du dit, Département de la Somme.
- L’extrait de son casier judiciaire.
- Un certificat de bonne vie et mœurs sous la date du 25 octobre 1900 par le Maire de La Chaussée-Tirancourt, conformément à l’article 59 de la loi du 15/07/1889 et constatant que Sévin Arsène Alphonse jouit de ses droits civils ; qu’il n’a jamais été condamné pour vol, escroquerie, abus de confiance ou attentats aux mœurs et qu’il n’a subi aucune des peines prévues par l’article 5 de la loi du 15/07/1887
- Le consentement de Sévin Ernest Onésime, son père, qui l’autorise à contracter cet engagement.

Nous, Adjoint faisant fonction de Maire de la commune de Picquigny , après avoir reconnu la régularité des pièces produites par le sieur Sévin Arsène Alphonse lui avons donné lecture :

- Des paragraphes numérotés 1 à 6 et de l’alinéa de l’article 59 de la loi du 15/07/1889
- Des articles 14 et 15 du décret du 28/09/1889 lesquels ordonnent de poursuivre comme insoumis les engagés volontaires qui ne se rendent pas à leur destination dans les délais prescrits.
- De l’article 4 du même décret d’après lequel les engagés volontaires peuvent toujours être changés de corps et d’arme lorsque l’intérêt et les besoins du service l’exigent.

Après quoi nous avons reçu l’engagement du sieur Sévin Arsène Alphonse, lequel a promis de servir avec fidélité et honneur pendant 3 ans à partir de ce jour.
Lecture faite au dit sieur Sévin Arsène Alphonse et aux deux témoins ci dessus dénommés du présent acte, ils ont signé avec nous.
Signé : Sévin, Gricourt, Devisme et Rambures.

Il reçoit une somme de 3 francs 69 centimes pour indemnités kilométriques et journalières pour aller d’Amiens à Saint-Cyr.

Il entre à Saint Cyr

L'École spéciale militaire de Saint-Cyr est une école militaire d'enseignement supérieur français, qui forme des officiers des armes de l'armée de terre. Elle a été créée en 1802, sur ordre du 1er Consul Napoléon Bonaparte, qui l'installe d'abord au château de Fontainebleau puis à Saint-Cyr-l'École (Yvelines), dans les bâtiments de la Maison royale de Saint-Louis, fondée en 1686 , dont elle conservera le nom.
Depuis 1945, elle est implantée sur la commune de Bellevue Guer dans le Morbihan avec pour devise : « Ils s'instruisent pour vaincre ».
Arsène entre à l’École spéciale militaire Saint-Cyr, le 31 octobre 1900 comme élève.
Le 5 novembre 1901, il passe Caporal.
Le 27 mars 1902, il devient Sergent.
Il est de la Promotion du Tchad (1900-1902) et se trouve sur le Livre d'Or.
Il sort de l’école honorablement en se plaçant 69ème sur 515 élèves.

Sa première affectation

Le 1er octobre 1902, il est sous-lieutenant au 33ème Régiment d’Infanterie.
Le 33ème Régiment d’Infanterie* se trouve à Arras, dans le Pas-de-Calais.
Deux ans après, le 1er octobre 1904, il passera Lieutenant.

* C’est dans ce régiment commandé depuis juin 1911, par le Colonel Philippe Pétain que sera affecté le sous-lieutenant Charles de Gaulle, le 9 octobre 1912.

Carte d’Arras, adressée par Régina à ses amies
Jeanne MOYE et Victoria MOYE SEHET

Son mariage

Il se marie le jeudi 11 décembre 1902 à CAUCHY Régina, Olympe domiciliée à La Chaussée-Tirancourt, département de la Somme après avoir obtenu l’autorisation le 26 novembre 1902.

Mariage civil (Extraits)

L’an 1902, le 11 décembre1902 à 10 h 30 par devant nous de Francqueville Maurice, Maire de La Chaussée-Tirancourt ont comparu en la maison commune
Arsène Alphonse Sévin, sous lieutenant au 33ème RI en garnison à Arras, né le 8 décembre 1880 à Crécy en Ponthieu, fils de Ernest Sévin et de Armandine Wilbert.
Le père présent, et consentant au mariage, la mère absente…
Et demoiselle Régina Olympe Cauchy, née le 29 janvier 1882 à La Chaussée-Tirancourt, fille de Vulfran Cauchy et de Élise Barbier.

Publication des bans les dimanches 23 et 30 novembre derniers….
Contrat de mariage…
Témoins :
- Alexandre Dufrénoy, directeur de l’École Supérieure d’Amiens, âgé de 53 ans domicilié à Amiens 12 rue sire Firmin Leroux, petit cousin de l’épouse.
- Caron Julius, tisseur âgé de 38 ans domicilié à La Chaussée-Tirancourt, cousin germain de l’épouse.
- Ponthieu Eugène, marchand de vin à Picquigny, âgé de 54 ans, ami de l’époux.
- Desjardins Marie Eugène Charles Alfred chevalier de la Légion d’Honneur, âgé de 50 ans, Commandant au 33ème RI, domicilié à Arras, ami de l’époux.

Autres signatures :
R. Cauchy, A. Sévin, E. Barbier, Cauchy, M. de Francqueville, Sévin.


Mariage religieux

Le 11 décembre1902, après la publication d’un banc, fait en cette paroisse le dimanche 7 décembre, sans aucune réclamation ni empêchement canonique.
Vu la dispense de deux bans et du temps clos, accordée par Monseigneur l’Évêque d’Amiens (Monseigneur Jean-Marie-Léon DIZIEN).
Je soussigné, curé de La Chaussée-Tirancourt, ai reçu en présence des témoins soussignés, le mutuel consentement de mariage de
Arsène Alphonse Sévin, demeurant à La Chaussée-Tirancourt, fils mineur de Ernest Sévin et de Armandine Wilbert.
Et de Régina Olympe Cauchy demeurant à La Chaussée-Tirancourt fille mineure de Vulfran Cauchy et de Élise Barbier.
Et je leur ai donné la bénédiction nuptiale selon le rite de notre Mère la Sainte Église.

Signé : L. Dargent
Curé de La Chaussée-Tirancourt

Suivent les signatures :
R. Cauchy, A Sévin, Desjardins , Cauchy, Sévin, Caron, A. Dufrénoy, Ganttmay ?

 

 
Photo de la maison de Régina CAUCHY SEVIN,
Rue du Marais à La Chaussée-Tirancourt.

CERTIFICAT DE MARIAGE

Nous soussignés membres du Conseil d’Administration
du 33ème régiment d’Infanterie, certifions
d’après l’extrait des registres de l’état civil que M. Sévin Arsène,
Alphonse Sous-Lieutenant au dit corps s’est marié
Le 11 décembre 1902 à la Mairie de La Chaussée-Tirancourt
Arrondissement d’Amiens département de la Somme
A Demoiselle Cauchy Régina Olympe alors domiciliée à La Chaussée-Tirancourt, département de la Somme
En vertu de l’autorisation qui lui a été accordée le 26 novembre 1902
Par le Général commandant le 1er Corps d’Armée.
Fait à Arras le 9 janvier 1903

 

 

 

 

 

 

Document Jacques FOURE - Archives militaires de Vincennes 5 Y e 115

Bulletin de mariage

Mairie de La Chaussée-Tirancourt

Bulletin de mariage

Nous soussigné de Francqueville, Maire de la Commune de La Chaussée-Tirancourt, canton de Picquigny, département de la Somme,
Certifions que le 11 12 1902 en la Mairie de notre commune a été célébré le mariage de Monsieur Sévin Arsène Alphonse, sous lieutenant au 33ème régiment d’Infanterie en garnison à Arras, avec Mademoiselle Cauchy Régina Olympe, sans profession, domiciliée à La Chaussée-Tirancourt.
En foi de quoi nous avons délivré le présent certificat
A La Chaussée-Tirancourt, le 20/12/1902
Le Maire
M. de Francqueville

Ses enfants

De l’union de Sévin Arsène, Alphonse avec Régina, naissent deux enfants : une fille puis un garçon.

Naissance d’Andrée Yvonne Sévin
Le 7 octobre 1903 , Arsène, Alphonse Sévin déclare la naissance de sa fille qu’il nomme : Andrée Yvonne. Elle naît à Arras, Pas de Calais ou son père est en garnison . La famille habite Faubourg Méaulens.
Le 6 octobre 1920, Andrée Yvonne est adoptée par la Nation par jugement du Tribunal Civil de la Seine : elle devient Pupille de la Nation suite au décès de son papa le 24 août 1917.
Elle décédera peu de temps après son papa, en 1922, à l’âge de 19 ans.

Baptême Andrée Yvonne Sévin

Le 25 novembre 1903, Andrée Yvonne née le 7 octobre sur la paroisse Notre Dame à Arras, file d’Arsène Alphonse Sévin et de Régina Olympe Cauchy qui demeurant dans la dite paroisse, a été baptisée , avec l’autorisation de Mr l’Archiprêtre d’Arras , par nous curé soussigné, curé de La Chaussée-Tirancourt. Le parrain a été Vulfran Cauchy et la marraine Alice Sévin qui ont signé avec nous. L. Dargent curé.

Naissance de Paul Arsène Sévin
Le 12 octobre 1906 , Naissance de Paul Arsène Sévin. Ses parents habitent alors N° 2, Route de Saint Nicolas, à Arras, Pas de Calais.
Le 6 octobre 1920, Paul Arsène est adopté par la Nation par jugement du Tribunal Civil de la Seine : il devient Pupille de la Nation suite au décès de son papa le 24 août 1917.
Le jeune homme, malheureusement décédera, sans profession, le 14 août 1928, à 22 ans, chez sa grand mère maternelle Madame Élise Cauchy, rue du Marais. Le témoin est son ami, Étienne Brisse 24 ans, officier au long cours.
Il repose dans le vieux cimetière aux côtés de son papa et de sa sœur.

Andrée Yvonne et Paul Arsène étaient domiciliés chez leur mère Mme Sévin Régina 12 rue Ernest Renan à PARIS 15ème.

Carrière Militaire d’Arsène SÉVIN

Arsène s’est engagé pour 3 ans à Picquigny, le 27 octobre 1900.

Il a été ensuite admis à l’École Spéciale Militaire de Saint-Cyr, dont il sortira 69ème sur 515 élèves.
Il a intégré ensuite le 33ème Régiment d’Infanterie comme sous lieutenant le 1er octobre 1902.
Il passa Lieutenant 1er octobre 1904.
C’est un officier très bien noté et apprécié de ses supérieurs comme en témoigne la copie de son livret matricule.

Résumé des notes antérieures à 1907

Sorti de Saint Cyr en 1902 N° 69 / 515, il est affecté au 33ème Régiment de ligne.
Il y est de suite très bien noté : caractère ouvert et sympathique, rigoureux, énergique, très bon instructeur, plein d’entrain et d’initiative aux grandes manœuvres.

1907

1) Jeune officier très intelligent , actif, instruit, sérieux, d’un caractère ouvert et sympathique doué d’une grande finesse discret. Sur le terrain a l’entrain et l’initiative. A fort bien instruit son peloton. Bien qu’il songe à se présenter à l’Ecole de Guerre ne néglige aucun de ses devoirs pour préparer les examens. Doit réussir officier d’avenir.

Arras, le 25 avril 1907.
Le Colonel de la 33ème Division. Signé illisible

2) Continue à donner entière satisfaction à ses chefs et à s’attirer leur confiance et leur affection par la maturité son caractère, sa distinction, sa modestie. Très militaire de cœur et d’âme a rigoureusement commandé sa troupe aux manœuvres. Admis à se présenter à l’Ecole de Guerre ; bien préparé pour réussir . Officier de valeur.

Arras, le 30 … 1907.
Le Colonel. Signé Schwartz

1908

1) Officier d’avenir, très bien doué. Possède toutes les qualités qui font un officier d’élite : a le travail facile , l’intelligence vive, la décision prompte. Quoique jeune … a beaucoup d’acquis. Vient d’être reçu brillamment à l’Ecole de Guerre où il se présentait pour la première fois.

Arras, le 14 avril 1908
Le Colonel. Signé Schwartz

2) Passé au 18ème Régiment d’Infanterie par décision Ministérielle en date du 23 juin 1908 . Rayé des contrôles le 12 juillet 1908. maintenu au 33ème jusqu’à son entrée à l’Ecole de Guerre .

Arras, le 9 juillet 1908
Le Colonel. Signé Schwartz

1909

Ecole Supérieure de Guerre
Octobre
A été reçu très jeune dans des conditions brillantes . Notes les plus flatteuses à ses stages. A voir venir.

Le colonel commandant en 2ème
Ecole Supérieure de Guerre
signé Lanquetot

1910

Sort dans le 1er tiers de sa promotion avec la mention Bien c’est à dire dans les conditions les plus honorables pour un jeune. Réfléchi et appliqué. A des idées nettes et justes, toujours correct près à marcher. Décidé fera très bien.

Le Colonel commandant en 2ème
Ecole Supérieure de Guerre
signé Lanquetot

Pierre Ernest LANQUETOT naît à Boissy Saint Léger, Seine et Oise, le 20 janvier 1855. Élève à Saint Cyr de 1873 à 1875 promotion de l'Archiduc Albert, sous lieutenant, il est nommé lieutenant, le 1er octobre 1875, capitaine en 1895 au 132ème R.I.
- état major 3e bureau.
- Lieutenant-colonel le 30 décembre 1901
- Général de Brigade le 8 novembre 1910, il commande la 32ème Brigade d'infanterie et les subdivisions de Nevers et Autun jusqu’au 1er octobre 1913
- Il prend le commandement de la 43ème division d’infanterie du 1er octobre 1913 au 7 février 1915
- Général de division le 19 mars 1914
- À l'entrée en guerre, il commande la 43ème DI (21ème corps d’armée, 1ère armée).

1911 - Besançon

Arrivé en mai à l’état major du 7ème corps, le Lieutenant Sévin s’y annonce comme une excellente acquisition actif convaincu ? de qualités et de moyens nettement accusés paraît apte au service de l’état major ? a prouvé au cours des manœuvres d’automne du 7ème corps qu’il était à même de faire une bonne besogne en campagne. Compte 7 ans de grade. Passé irréprochable mérite d’être inscrit cette année au tableau d’avancement.

Signé Marjoulet

1912 - Besançon

Besançon le 19 avril 1911- Vue de la Citadelle
Carte à Mesdemoiselles Moye - « Bon souvenir »
Régina Sévin

1er semestre
Jeune officier très brillant et très complet dont la valeur s’exprime tous les jours. Apte à remplir avec distinction les emplois les plus variés dans les services de l’état major. A de l’ordre, de la méthode, du jugement, une grande capacité au travail. A montré dans les exercice sur la carte et sur le terrain un sens tactique très averti et du coup d’œil. Rendrait de grands services en campagne. A pousser ?

Signé Marjoulet

Né le 21 septembre 1859 à Anduze (Gard).
François Louis Albert Marjoulet est un officier d'état-major, breveté de l'école de guerre.
Il est nommé sous-lieutenant le 1er octobre 1880. C'est avec ce grade qu'il sert au 3ème régiment de Zouaves en 1884.
En 1895, il est officier d'ordonnance (avec le grade de capitaine d'infanterie hors cadre) du général Verrier, commandant de la 29ème division d'infanterie.
1898 : capitaine, breveté, au 27ème BCA.
Il devient chef de corps du 27ème BCA en 1901, commandement qu'il exerce jusqu'en 1910, année de sa promotion au grade de lieutenant-colonel.
Pendant la guerre de 1914-1918 , il commande, en tant que général de division, la 35e division d'infanterie.
Grand Croix de la Légion d'honneur.

2ème semestre
Détaché à l’état major de la 27ème Brigade d’Infanterie pour y remplacer l’officier d’état major de cette brigade. M. le lieutenant Sévin s’est très rapidement mis au courant de son nouveau service et a su se faire hautement apprécier de son nouveau chef. A été également très bien noté pendant le stage de cavalerie qu’il a accompli en juillet et août au 4ème Chasseurs*.
Cet excellent officier mérite à tous égards d’être inscrit cette année au tableau d’avancement.
Tous ceux qui le connaissent et l’ont vu à l’œuvre applaudiront à cette juste récompense de ses services et son dévouement à ses devoirs qui n’a d’égal que sa modestie.

Signé Marjoulet

* Excellent officier, cavalier vigoureux et plein d’entrain, a fait preuve des qualités les plus complètes dans l’accomplissement des missions multiples qui lui ont été confiées au cours de son stage principalement aux manœuvres des Vosges. A laissé à tous , de son stage, le meilleur souvenir.

Le Colonel ARTHUIS
Commandant le 4ème Chasseurs
Epinal, le 20 août 1912
Signé : Arthuis

1913 - Bourg-en-Bresse

Bourg le 22 septembre 1912
Vue de l’Église de Brou - Carte à Mesdemoiselles Moye
« Bon souvenir »
Régina Sévin

1) Monsieur le Lieutenant Sévin est un officier de tout premier ordre, travailleur, très instruit, très actif et invaincu ? on ne trouve que des qualités chez cet officier des plus distingués sans l’ombre du moindre défaut. Il est apte à traiter les questions les plus importantes et les plus ardues, avec méthode, jugement, intelligence. Sous tous les rapports, il aurait mérité de figurer au tableau de 1913 et en toute justice, il devra être porté sur le prochain.
Bourg le 1er avril 1913 Le Général Boë ? commandant la 17ème Brigade

2) Passé à l’E. M. la de la Brigade d’Infanterie de la 14ème Division d’Infanterie suivant décision ministérielle du 23 juin 1913 (J.O du 24 du dit mois) Rayé des contrôles de la 17ème Brigade d’Infanterie le 9 juillet 1913.

Bourg le 10 juillet 1913 Le Général Boë ?
Commandant la 17ème Brigade

2ème semestre 1913

Notes données à M. le Lieutenant Breveté Sévin , de l’État Major de la 14ème division d’Infanterie à la suite des manœuvres d’automne de la 27ème Brigade d’Infanterie en 1913.

M. le Lieutenant Breveté Sévin s’est montré comme toujours, pendant les manœuvres de la 27ème Brigade, auxquelles il a participé, officier modèle sur tous les rapports ; l’éloge de cet officier, tout à fait hors pair n’est plus à faire.

Bourg , le 17 septembre 1913
Le Général Boï , Commandant la 27ème Brigade d’Infanterie

Arrivé depuis peu à la Division, le Lieutenant Sévin a déjà eu l’occasion de montrer que les excellentes notes antérieures étaient largement justifiées. Cet officier est très bien doué sous tous les rapports et a de la personnalité. Il mérite d’avoir cette année au corps d’armée le N° 1 des lieutenants proposés pour capitaine.

Le commandant SEGONNE
Chef d’état major
De la 14ème Division d’Infanterie
A Belfort le 1er octobre 1913

Officier hors de pair par son intelligence son acquis, et sa maturité d’esprit aussi bien que par son dévouement et ses sentiments élevés.
Avancement 1/21.

Belfort le 20/10/13
Général de Division Curé

Il est promu Capitaine, le 23 juin 1914

Malgré des notes excellentes, Arsène aura un avancement lent ; il lui faudra 10 ans pour passer capitaine !

1914 - Belfort

Belfort le 12 novembre 1913
Le Lion - Carte à Madame et Mesdemoiselles Moye
« Maman bien arrivée. » - Amitiés
Régina Sévin

 

Belfort le 13 novembre 1913
La Place d’Armes et le Château
Carte à Mme Flore Séhet - Rue du Marais
« Bon souvenir à tous »
Régina Sévin

Promu Capitaine le 23 juin 1914, il est affecté au 95ème Régiment d’Infanterie le 9 juillet 1914.
Pendant son séjour à l’Etat Major de la 14ème division. Il a donné toute satisfaction à ses chefs.
Vigoureux, esprit pondéré et au jugement sain il est très apte à remplir toutes les fonctions susceptibles d’être données à un officier d’Etat Major. Très bien orienté au point de vue tactique le capitaine Sévin saisit vite les situations et trouve rapidement leur solution sur le terrain ou sur la carte . C’est un officier de 1er ordre qui sera toujours bien à sa place.

Le commandant SEGONNE
Chef d’état major
de la 14ème Division d’Infanterie
A Belfort le 10 juillet 1914

Il combat sur tous les fronts

Au début de la guerre, le capitaine Sévin combat en Alsace : Mulhouse (9 août), Dornach (19 août), puis dans la Somme, sa région natale à Proyart (29 août) puis il prit part dans ses fonctions aux batailles de la Marne et de l’Aisne.

1914 1915

Le Capitaine Sévin commandait au début de la guerre une compagnie du 35ème Régiment d’Infanterie qu’il a menée au feu en première ligne aux combats de Mulhouse (9 août), Dornach (19 août), Proyart (29 août). Il a commandé son unité brillamment se montrant plein d’initiative, de bravoure, de zèle et d’entrain. Réaffecté à l’Etat Major de la 14ème division le 19 septembre 1914, il a développé pendant la campagne des solides qualités militaires qu’on lui connaissait gardant sous le feu tout son calme et sa lucidité. Il a pris part dans ses fonctions aux batailles de la Marne et de l’Aisne. Au total : officier d’État Major de tout premier ordre.

Le Commandant SEGONNE
Chef d’état major
de la 14ème Division d’Infanterie
Le 10 février 1915
Visé le 10 février 1915, le général A. Crépey , commandant la 14ème Division.

1915

Le Capitaine Sévin mérite toujours les mêmes excellentes notes. Officier au jugement sûr ayant une base solide. A traiter en officier de premier choix et à pousser.

Le 1er mai 1915
Lieutenant Colonel SEGONNE
Chef d’état major
de la 14ème Division d’Infanterie

1916

Officier dont on ne peut faire que des éloges. Se dépense sans compter au moment de la préparation des attaques de Champagne . S’est montré au cours des combats du 25 au 30 septembre officier d’état major remarquable sachant dans les circonstances les plus difficiles et sous le feu le plus violent garder l’esprit calme et le jugement sûr. A rendu de ce fait à l’état major de la division les plus distingués services. Cité à l’ordre du 7ème corps d’armée.

Le Commandant R. POUPINEL
Chef d’état major de la 14ème division
Vu le 7 février 1916, le général A. Crépey , Commandant la 14ème Division.

P.S.: Le général A. CREPEY trouva la mort en 1916 et fut remplacé par le général PHILIPOT.

1917

Officier d’État Major dont l’éloge n’est plus à faire.
A montré dans toutes les opérations auxquelles a pris part dans la division en 1916 (Verdun, la Somme ) les mêmes qualités de jugement sûr qui le distinguent et le font si hautement apprécier.

Le 22 janvier 1917
Le Commandant R. POUPINEL
Chef d’état major de la 14ème division
Vu le 24 février 1917, le général PHILIPOT Commandant de la 14ème Division.
 
Le général PHILIPOT

Il participe à de nombreux stages

Stage au 15ème Régiment d’Artillerie du 1er avril au 30 juin 1908.
Stage au 21ème Régiment de Dragons du 1er juillet au 30 septembre 1908.
A suivi les cours de l’École Supérieure de Guerre du 3 novembre 1908 au 11 octobre 1910 inclus. A obtenu le brevet d’Etat Major.
Stage au 4ème Bureau (Etat Major de l’armée ) du 15 janvier au 15 avril 1911.
Stage au 4ème Régiment d’Artillerie du 21 juin au 20 juillet 1911.
Stage à l’Etat Major de l’armée du 25 au 30 mars 1912.
Stage au 4ème Régiment de chasseurs à cheval du 15 juillet au 15 août 1912.

Il entre à l’École Supérieure de Guerre puis à l’État-Major

Il est admis en 1908 à l’école de guerre . Il en sortira 30ème sur 89, avec la Mention Bien.
55ème Régiment d’Infanterie (Ecole de Guerre) lieutenant 25 décembre 1908
27ème Régiment d’Infanterie (Ecole de Guerre) lieutenant 25 septembre 1909
Arrivé à l’état major du 7ème corps le 20 avril 1911.
27ème Régiment d’Infanterie (Stagiaire à l’Etat Major de la 27ème Brigade d’Infanterie)
lieutenant 25 juin 1912
Etat Major de la 27ème Brigade d’Infanterie, H.C , lieutenant 13 octobre 1912
Etat Major de la 14ème Division d’Infanterie , 27ème d’Infanterie, lieutenant , 23 juin 1913
8ème Régiment d’Infanterie , capitaine, 23 juin 1914
35ème Régiment d’Infanterie , capitaine, 9 juillet 1914
Affecté à l’Etat Major de la 14ème D I, capitaine, 19 septembre 1914

A obtenu à sa sortie de l’école de Guerre, le 12 octobre 1910 un congé de 3 mois avec solde de présence pour en jouir à Paris (décision Ministérielle du 5 octobre 1910)
Durée : 3 mois

Actions d’éclat et citations à l’ordre de l’armée

1) Citation à l’ordre du 7ème corps d’Armée, N° 88

« Excellent officier d’état Major qui du 25 au 30 septembre a fait preuve d’une énergie et d’un sang froid remarquables en assurant dans une zone constamment battue par un feu intense le service de liaison avec les unités avancées. »

2) Citation à l’ordre de la 5ème Armée, N° 223 du 24 mai 1917

« A commandé brillamment une compagnie au début de la campagne. Dans l’état major a participé à toutes les affaires importantes dans lesquelles la division a été engagée. S’est distingué d’une façon remarquable en Champagne où il a été cité à l’ordre du corps d’armée à Verdun, sur la Somme. Chargé le soir du 16 avril 1917 de déterminer en vue des opérations du lendemain la situation exacte du front de la division a parcouru sur un terrain bouleversé par les obus soumis au bombardement , la première ligne entière a rapporté les renseignements les plus précis et a ainsi assuré à l’infanterie l’aide efficace de l’artillerie et facilité l’action de commandement. »

Félicitations à un officier

Par application des dispositions de l’article 277 du service courant, le général Commandant
le 7ème Corps d’Armée cite à l’ordre du Corps d’Armée, le lieutenant Breveté SEVIN,
stagiaire à l’Etat Major du 7ème Corps d’Armée, pour le travail d’étude qu’il a présenté sur
le réseau ferré frontière.

Fait au Quartier Général
A Besançon, le 26 août 1912
Signé BONNEAU

 

 

 

 

 

 

 

Document Jacques FOURE - Archives militaires de Vincennes 5 Y e 115

Décorations et médailles françaises

Chevalier de la Légion d’Honneur 24 août 1917.

« Officier d’une valeur exceptionnelle et d’une bravoure éprouvée a rendu comme commandant de compagnie puis comme officier d’état major les services les plus appréciés. Grièvement blessé le 24 août 1917 au cours d’une mission périlleuse de reconnaissance. Deux fois cité à l’ordre. »

Croix de guerre avec palmes et étoile de vermeil.

 

 

 

Blessures et décès

Blessé par éclat d’obus le 24 août 1917 à l’épaule, à la main gauche, à la jambe gauche, face dorsale hémorragie.

Service de santé en campagne
Extrait mensuel d’acte de décès

Nous soussigné Félix HENRY officier d’administration de 2ème classe , gestionnaire de l’ Ambulance 6 / 15
Remplissant les fonctions d’officier de l’état civil, certifions qu’il résulte du registre destiné à l’inscription des actes de l’état civil pour la dite formation que le nommé SEVIN Arsène, Capitaine à l’état major de la 14ème Division d’Infanterie.
Est décédé à Glorieux (Meuse) pour la France.
Par suite de blessures de guerre.
Le vingt quatre août mil neuf cent dix sept.
Signature Henry

Vu par nous Paul MORIN
Médecin Major de 2ème classe
Médecin chef de la dite formation militaire

 
C’est dans ce cimetière qu’Arsène Sévin fut inhumé avant de revenir dans le cimetière communal de La Chaussée-Tirancourt.
 
Situation de GLORIEUX par rapport à VERDUN

Avis de décès
Sévin Arsène, Alphonse
Capitaine
14ème division d’Infanterie
État Major
décédé le 24 août 1917 à Glorieux (Verdun)
par suite de blessures de guerre sur le champ de bataille
dossier personnel : 115 122
acte de décès complété
MENTION AU REGISTRE
envoyé le 6 janvier 1918
à la Mairie de La Chaussée-Tirancourt (Somme)
transcrit le 8 janvier 1918

Acte de décès

Ministère de la Guerre
Service général des pensions
2ème service
Section de l’état civil
Rectifications administratives

Sévin Arsène, Alphonse
Capitaine
14ème division d’Infanterie
État Major
décédé le 24 août 1917 à Glorieux (Verdun)
par suite de blessures de guerre sur le champ de bataille
dossier personnel : 115 122
acte de décès complété
MENTION AU REGISTRE
envoyé le 6 janvier 1918
à la Mairie de La Chaussée-Tirancourt (Somme)
transcrit le 8 janvier 1918

 

Concernant le Capitaine Sévin Arsène de la 14ème division d’Infanterie,
décédé le 24 août 1917, à Glorieux Meuse.
Dressé par Félix Henri, officier d’administration de 2ème classe,
gestionnaire de l’ambulance 6 / 15. acte N° 53

Mention ajoutée le 25 décembre 1917
L’acte ci contre est incomplet sur les points suivants. Le défunt prénommé Arsène Alphonse et non Arsène seulement, né le 8 décembre 1880 à Crécy en Ponthieu (Somme), domicilié légalement à La Chaussée-Tirancourt (Somme), fils d’Ernest Onézime et de Wilbert Armantine, était époux de Cauchy Régina Olympe. En outre, il était Chevalier de la Légion d’Honneur et décoré de la croix de guerre


Avis de décès

Ministère de la Guerre
Service général des pensions
Etat civil et greffe central

section du Personnel, service état major
Le 8 septembre 1917

Sévin capitaine état major 14ème division d’infanterie
Est signalé sur UNE LISTE DU SERVICE DE SANTE GP G 15432
SECTION DES RENSEIGNEMENTS AUX FAMILLES étant décédé le 24 août 1917
Suite de plaies multiples à Amb 6/15 Sp 170
Epaule, face dorsale hémorragie
PO le chef de division
De la correspondance


Bordereau d’envoi

Ministère de la Guerre
Service général des pensions

Le Ministre de la Guerre à Monsieur le Maire de La Chaussée-Tirancourt

Expédition de l’acte de décès de SÉVIN Arsène, Alphonse, capitaine d’Etat Major 14ème Division d’Infanterie
Mort le 24 août 1917
Cette pièce est destinée à être transcrite, en exécution de l’article 94 du code civil, sur le registre d’état civil de la dite commune, lieu du domicile légal du défunt.
Elle doit rester annexée au registre comme le prescrit la circulaire du Ministre de l’Intérieur , du 21 juin 1894.
Monsieur le Maire est prié de renvoyer le présent bordereau après y avoir mentionné la date de la transcription.
Paris, le 6 janvier 1918

L’acte désigné ci contre a été transcrit le 8 janvier 1918 sur le registre d’état civil de La Chaussée-Tirancourt.
A La Chaussée-Tirancourt, le 8 janvier 1918
Cachet de la Mairie
Le Maire signé FOURNY

Des amis s’inquiètent

Lettre de Madame Vve Richez Bourdon
Entreprise générale de Bâtiments
Maçonnerie
Atelier Mécanique de Menuiserie
Maison fondée en 1872

Canteleu Lambersart le 31 décembre 1918
A Monsieur le Ministre de la Guerre

Monsieur,
Sans nouvelles de M. Sévin Arsène, lieutenant Etat Major de la 27ème Brigade, à Bourg Ain, (en janvier 1913).
Je sollicite de votre obligeance pour faire des recherches sur le dit Lieutenant Sévin, en vous priant de m’en informer.
Dans l’attente de votre réponse, daignez agréer Monsieur le Ministre, avec mes remerciements anticipés, mes respectueuses salutations.
Signé : Vve Richez Bourdon


Réponse du Ministère

Ministère de la Guerre
Service des pensions
2ème service
Section de l’état civil

Lettre à Madame veuve Richez Bourdon
Canteleu Lambersart
Près Lille

Paris le 20 février 1919

Madame,

En réponse à votre demande, j’ai le regret de vous annoncer que Monsieur le capitaine Sévin Arsène Alphonse de l’état major de la 14ème division d’Infanterie est mort pour la France, le 24 août 1917 à Glorieux (Verdun).
Recevez Madame, l’expression de mon respect.
Le sous intendant militaire

Les démarches de Madame Veuve Sévin Régina

Madame Sévin apprend la triste nouvelle ; elle habite 12 rue Ernest Renan à Paris 15ème
Elle reste avec ses deux enfants Andrée Yvonne et Paul Arsène qui deviendront Pupilles de la Nation le 24 août 1917, suite au décès de leur papa.
Régina se débat avec l’administration…

Lettres de Madame Sévin au Ministre

Paris le 10 septembre 1917

Monsieur le Ministre
J’ai l’honneur de vous prier de vouloir bien me faire parvenir un état des services de mon mari Arsène Alphonse Sévin capitaine breveté à l’état major de la 14ème division d’Infanterie, chevalier de la légion d’honneur, décoré de la croix de guerre mort pour la France, le 24 août devant Verdun. Cette pièce m’est nécessaire pour une demande de secours que je dois adresser à la Grande Chancellerie de la Légion d’Honneur.
Le feuillet individuel de campagne et le livret matricule de mon mari vous ont été adressés (archives administratives) par le Général commandant la 14ème division, le 25 août dernier
Veuillez agréer, Monsieur la Ministre l’expression de ma considération distinguée.
R. Sévin


Paris le 15 novembre 1917

J’ai l’honneur de vous prier de vouloir bien me faire parvenir le plus tôt possible l’avis officiel de décès de mon mari, le Capitaine Alphonse Arsène Sévin de l’État Major de la 14ème Division d’Infanterie, Mort pour la France, le 24 août 1917 devant Verdun.
Cet avis de décès m’est demandé de divers côtés et je ne puis rien faire, ne l’ayant pas.
Veuillez agréer Monsieur le Ministre l’expression de ma considération distinguée.

Signé : R. Sévin
12 rue Ernest Renan
Paris 15ème

 

Paris le 26 novembre 1917

Mon mari, le Capitaine Breveté Arsène Alphonse Sévin de l’État Major de la 14ème Division d’Infanterie, est mort pour la France, le 24 août 1917.
Or je n’ai pas encore reçu l’ avis de décès que doit me transmettre la Mairie du 15ème arrondissement et mes démarches pour l’obtenir sont restées vaines jusqu’à ce jour.
Cette pièce m’étant indispensable pour régler mes affaires et toucher notamment le reliquat de la solde de mon mari due au jour de son décès la somme qu’il tenait sur lui etc.
J’ai recours à votre haute intervention pour que satisfaction me soit donnée le plus rapidement possible.
Veuillez agréer Monsieur le Ministre l’expression de ma considération distinguée.

Signé : R. Sévin
12 rue Ernest Renan
Paris 15ème


Réponse du Ministère

Attestation

Certifie qu’il résulte d’un acte de décès établi par l’officier d’administration de 2ème classe, gestionnaire de l’ambulance 6/15 , remplissant les fonctions d’officier de l’état civil, que Monsieur SÉVIN Arsène Capitaine à l’état major de la 14ème division d’Infanterie est mort pour la France le 24 août 1917 à Glorieux (Meuse)

Délivré sans aucun frais à
Madame R. Sévin
12 rue Ernest Renan
Paris 15ème
En réponse à sa demande enregistrée N° 10389

En foi de quoi le présent certificat a été délivré pour servir et valoir ce que de raison.
Fait à Paris le 11 décembre 1917.

Sa sépulture

Arsène repose dans la tombe familiale de la famille CAUCHY-BARBIER, ses beaux parents.
Dans cette sépulture, il y a déjà les grands parents maternels de son épouse Régina :

-    Phrumence Barbier, décédé le 20 juillet 1887 à l’âge de 69 ans, ménager, son épouse Lucie Dufrénoy , décédée le 9 mars 1891 âgée de 77 ans
-    Martin Cauchy né le 20.08.1846 à La Chaussée Tirancourt décédé le 1er juillet 1912, à l’âge de 66 ans cordonnier dit « Tchot Franc », il habitait rue du Marais.
-    Son épouse Elise Barbier décédée le 13 janvier 1932 âgée de 83 ans

Malheureusement, peu de temps après Arsène, ses deux enfants le rejoindront :
    - Andrée Sévin 1903-1922
    - Paul Sévin 1906-1928

La tombe est en mauvais état : la stèle était cassée ; elle fut restaurée en 2003. L’intérieur est en petits cailloux ; elle est en outre entourée d’une chaîne.
A son décès en 1950, son épouse Régina Cauchy (1882-1950) sera inhumée auprès de lui et de sa famille.