LE
V1 EN BREF |
A la Libération, grande fut la surprise des habitants de La Chaussée-Tirancourt et des villages voisins de voir une base de lancement de bombes volantes. Beaucoup de personnes se firent photographier sur le site. On venait de loin pour voir cela. Afin d’éviter un éventuel retour des Allemands, les alliés dynamitèrent les différents bâtiments situés près de la rampe de lancement des V1. Quant à la rampe, elle fut démontée et reconstruite à DUXFORD, à «L’Imperial War Museum» au nord de Londres.
Le V1 en bref
Longueur |
Envergure |
Poids
au décollage |
Dont
carburant |
Charge
explosive |
Vitesse
maximum |
Portée |
8,32
m |
5,40
m |
2,2
tonnes |
550
kg |
830
kg |
640
km/h |
250
km |
Les Anglais essayèrent de se protéger contre cette arme terrifiante en posant un «barrage» de ballons ou en poursuivant les V1 par leurs avions de chasse et en les abattant, ce qui était dangereux. Une autre tactique consistait pour le pilote qui avait repéré un V1, à le suivre, à se glisser sous un des deux ailerons et d’un mouvement rapide, de faire pivoter l’engin meurtrier : le gyrocompas était alors inversé et le V1 finissait sa course dans la mer ou au sol car la chasse intervenait aussi entre la côte et les barrages de ballons de Londres.
N.B. : De nombreux ouvrages parlent du V1 de Belloy-sur-Somme : il s'agit en réalité du V1 de La Chaussée-Tirancourt. L'erreur est venue du fait que les Américains l'avaient nommé ainsi, lors des raids.
V1
se trouvant au musée de Duxford |
![]() |
Photo
John BALDWIN |
Le fonctionnement du V1
Le V1 est une sorte d’avion à réaction sans pilote; on peut dire également que c’est une bombe munie d’un moteur et d’un système de guidage (pilotage automatique). Le V1 est propulsé à partir d’une rampe (catapulte), à l’aide d’un canon à vapeur, le «Dampferzeuger». Ce canon est monté sur un chariot, fixé (guidé) sur des rails et solidement boulonné (fixé car il n’y a pas de boulonnage mais un système type ZAG) à la rampe. Un mélange de permanganate de potassium (ce qui explique le nuage mauve au départ) et d’eau oxygénée donne une réaction chimique violente qui permet une montée en pression du canon et projette le V1 à plus de 250 km/h. Une fois que la fusée a pris son envol, c’est à ce moment que le pulsoréacteur situé au dessus du V1 se déclenche (prend son plein régime car il est en fait déjà déclenché pour le préchauffage) et permet au V1 d’atteindre sa vitesse maximum (640 km/h). A l’approche de l’objectif, le moteur se coupe,(le moteur qui se coupe est une conséquence de la chute et non la cause – voir description p 44 du livre de M. DELEFOSSE – les boulons explosifs) le V1 continue alors sa course en vol plané (uniquement dans le cas rarissime du manque de carburant), puis s’écrase libérant sa charge explosive.
![]() |
Rampe
de La Chaussée-Tirancourt, à la Libération |
Rampe
de La Chaussée-Tirancourt, restaurée et installée
à Duxford (Angleterre) |
|
![]() |
![]() |
Photos
John BALDWIN |